L'été qui suivit mon année en classe de seconde, Jo et Jan se retrouvèrent invités à une fête commune. L'alcool et Jo étant amis, elle laissa s'échapper entre d'autres mots mon numéro de téléphone que mon futur prétendant ne manqua pas de saisir.
Il ne fallut pas longtemps avant qu'il ose m'écrire un message. Au premier instant je l'envoie balader. Mais au file des mots la toile se tisse et je le laisse m'approcher. Il faut dire qu'il ne s'est pas présenté, lorsque j'ai su que c'était lui...je suis devenue plus docile !
Première présentation, première approche après une année de regards qui voulaient tout dire et rien à la fois. Tout s'accélère alors. Il commence à m'écrire de nombreuses lettres. Je lui réponds parfois mais bien moins souvent que lui ne m'écrivait car je recevait parfois 5 lettres quotidiennes durant plusieurs jours ! Chacune d'entre elles me permet de m'évader, comme une histoire que l'on conte à un enfant, j'ai les yeux qui brillent illuminés par l'enchaînement parfait des mots qui défilent, qui défilent sans jamais me lasser je parcours les pages gravées de sa si belle écriture.
N.B : il m'est difficile d'écrire au présent, tout cela me semble si loin maintenant que tout est fini... et oui, par où commencer lorsque tout est terminé ? J'aimerai pouvoir vous confier cette même histoire vue au travers de ses yeux à lui. Il y aurait sans doute bien plus de détails et un point de vue bien différents. Mais patience, vous allez comprendre.
Au mois de juin 2004 donc, je découvre ce Jan par le biais des lignes qu'il me fait parvenir.
Je dois avouer que en plus des souvenirs, il me manque certaines de ses premières lettres. Le temps les a emportées. J'ai pris la décision de ne pas vous retransmettre toutes les lettres, certaines ont peu d'importance, et d'ailleurs celles dont je vous ferais part, j'aimerais plutôt les scanner. Vous pourrez ainsi constater leur charme. Et puis il y a tant de choses qui se voient mais ne s'écrivent pas !
Dans ses premières lettres, il me confie que je lui manque. Comme vous l'avez compris l'année scolaire est finit c'est les grandes vacances et 200 km environ séparent Barbizon (77) d'Annay (58). Il me fait aussi découvrir son chez lui à l'aide de photos, cela me semble si beau moi qui adore la campagne et les régions vallonnées je tombe sous le charme de son monde. Tout chez lui me semble si gai, moi je vais mal je perds ma meilleure amie le 10 juillet dans un accident de voiture. Je suis à Malte et je ne peux assister à l'enterrement. C'est fou comme on se sent impuissant dans se genre de situation. Je n'entre pas dans cet épisode il est déjà si difficile d'en sortir. Jan est là avec ses petites intentions simples et généreuses. Il m'aide me soutient, ce qui fait peu à peu de lui un ami. Mais il ne veut pas être mon ami n'est-ce pas ? Moi je ne voit pas qu'il m'aime, du moins je préfère ne pas l'admettre.
Mais je vais un peu vite, je me dois d'abord de vous raconter ses nombreux exploits.
Donc je lui manque, mais je ne vous ai pas précisé que mon Don Juan sort avec Claire, une jolie fille du lycée. Le temps passe et il s'en éloigne pour se tourner vers moi. Il n'ai pas très délicat avec elle et je me sens un peu mal à l'aise de semer le trouble entre eux.
Jan me drague à sa façon. Je n'ose pas lui dire oui, je n'ose pas lui dire non. Engrainés dans un jeu de séduction hors du commun, je me plait à ses manifestations surprenantes. Un jour il m'envoie des photos de lui torse nu dans sa salle de bain. Il me demande ce que j'en pense, je crois que je ne lui ai jamais vraiment répondu. Oh ! il est très bien sur photos seulement je ne veux pas lui dire qu'il me plais, c'est l'encourager à me draguer, le pousser à croire...mais n'oubliez pas moi j'attends de lui une amitié. Comment lui dire ? Comment lui dire que ce qu'il fait pour moi me plait mais que je ne l'aime pas ? Après tout pourquoi ne rien dire, c'est bien plus simple et ainsi notre relation continue.